Highlites from France 


Issue No. 5
De Bootje Gazette
October 2003

Quelques Souvenirs Très Précieux

[Editor's note - We all have special memories of members of our families, and of special occasions when we gathered to celebrate family events. Following are a few cherished photographs marking special people and special times in the life of our dear friend Edith Fosse Deboo]


Ma mère et mon père (Henri Deboo) avec ma fille, Véronique, a l'occasion de sa Communion en 1971


Les quatre jolies soeurs Deboo en 1994: Violette, Yolande, Edith, et Marie-Claude


Célébration de mon anniversaire avec ma famille, 23 janvier 2002


- Edith Fosse Deboo, Hazebrouck, Nord

 

 

Hazebrouck Website

The photo above shows the busy main square of this cozy, friendly city in old Flandre Français. The website www.hasbrouckfamily.org/hazebrok.htm gives some good historical perspective for readers who might be contemplating a visit to this part of our DEBOO Homeland straddling the French-Belgian border. There is a good map of this onetime Dutch-speaking area of northwestern France for planning your visit.

- RFD

 

La Soutane la Plus Populaire de France

Bonjour les amis DEBOO de tous les horizons. Je suis Edith la Française.

Ce dimanche 30Novembre à 16 heures, nous sommes confortablement installés dans des fauteuils profonds devant un rideau rouge qui attend, frémissant, de s’ouvrir. Nous sommes à l’Orphéon, petit mais renommé théâtre à Hazebrouck, et, si je suis peut-être la plus impatiente, c’est que mon fils Eric et mon petit-fils Yann sont parmi les acteurs bénévoles. Ce n’est certes pas la première fois pour Eric mais l’enjeu est de taille !

Se mettre dans la peau de l’abbé Lemire n’est pas une mince affaire ! Ce fut un grand homme !

Mais la salle est plongée dans le noir. Une effigie de l’Abbé apparaît, blanche, sur fond de scène

Un récitant nous situe le cadre où se sont développées la vie et la vocation de l’Abbé. C’est, ce que l’on a coutume de dire, le plat pays, quoique cerné par 3 monts.

Au sud de la colline de Cassel, on aperçoit notre terre, la Motte au Bois, Merville où se promène la Lys. Vers la zone flamande, voici Bailleul puis le Mont Noir rond comme un mamelon. A côté le Mont des Cats et son couvent des Trappistes chez qui on peut toujours se réfugier pour une retraite calme, parfumée par les houblonnières qui l’entoure.

« C’est ça ma Flandre et c’est ça mon pays Que j’aime d’être mien et que je remercie »

Diverses scènes nous montrent ensuite la naissance et l’enfance du petit Jules.

Avril 1853 – Une modeste ferme à Vieux – Berquin où vivent les parents Lemire. La demeure est coquette, propre et ordonnée et c’est là, le 23 que va naître Jules Lemire. Le bonheur est entré dans la maison !

Deux filles naîtront un peu plus tard, l’une en 1856, l’autre en 1857. Les enfants, avant de connaître la douceur du lit, reçoivent la bénédiction du père. Le créateur a décoré le ciel d’étoiles, semé de fleurs le manteau de la terre. Mais les plus beaux tableaux se teintent parfois de noir. En 1860, après la naissance d’un second garçon, la maman se meurt. Cet enfant allait devenir prêtre prédicateur du St Esprit ! Les deux petites filles demeureraient avec leur père sous la garde d’une servante dévouée. Notre Jules était placé chez une tante à qui il ressemblait très fort. Sa seconde maman le conduisait bientôt à l’école communale où les journées commençaient par une leçon de morale (C’était encore le cas pour moi et, je pense, que l’on devrait y revenir). L’Abbé Acquart avait décelé la grande intelligence de l’enfant et lui ouvrit l’esprit et le cœur. Après l’école primaire, il entrait au séminaire.

C’est maintenant au tour d’un jeune acteur de 20 ans qui personnifie le séminariste Lemire et le début de son professorat. Très bon amateur, on ressent les hésitations et les doutes du jeune prêtre qui cherche sa voie.

Et les années passent. Pour Jules Lemire, c’est la réussite complète. Il se montre digne des dépenses faites par certaines personnes aisées. Bachelier en 1872, il entre au séminaire de Cambrai où il restera 2 ans puis revient à Hazebrouck comme surveillant. 3 ans plus tard, il est nommé professeur de philosophie et de rhétorique. Il est ordonné prêtre le 29 juin 1878. Très proche des enfants, il comprenait leurs problèmes et sa plus grande joie était de réunir parents, professeurs et enfants. Tout ce qu’il a dit et écrit, revêt de nos jours, et plus encore, une intense vérité. L’enfant est un chef-d’œuvre. C’est aux parents et aux maîtres qu’il est dû ! A eux de le garder. En somme, une main de fer dans un gant de velours !

Dés 1876, il apprenait le flamand et devint de première force dans la langue de Tisje – Tasje, géant de Flandre. Dés 1879, il prêcha en cette langue. Le 6 Août 1880, il prononçait un discours qui fit du bruit.

« Il y a des œuvres chrétiennes qui ne le sont qu’en apparence. La foi manque. Le prêtre doit être plus qu’un apôtre : un missionnaire ! !»

Il avait trouvé sa voie. Il serait à l’écoute des ouvriers. Il demandait audience au Pape Léon 13, qui, après son encyclique, devenait le «Pape des ouvriers »

« Le travail des hommes doit être respecté ! Il faut que l’ouvrier puisse faire vivre sa famille en travaillant. Il faut qu’il soit maître chez lui. »

Alors que son frère s’enfonçait jusqu’aux Antipodes, il regagnait la France, rayonnant. Il allait évangéliser sur place.

Il ira vers le peuple délaissé, réduit à l’esclavage ; aux trop longues journées de travail, au trop maigre salaire à la misère des taudis trop étroits, sombres et malsains. Il fait en sorte que chaque famille ait un petit coin de terre à cultiver, baptisé «les jardins ouvriers ». C’est devenu national et existe toujours.

Ses écrits et discours témoignent de son intention de devenir un homme public. Il collabore au « Cahier de l’univers » et d’autres publications dont on dirait de nos jours qu’elles sont engagées et reçoit un premier avertissement de l’autorité religieuse ! !Il y en aura beaucoup d’autres ! !

«Je veux, disait-il, devenir prêtre député et représenter au parlement la Flandre catholique. Sa popularité grandit. Il soulève, soit des clameurs de protestations, soit des applaudissements frénétiques. ! Un matin, scandale au collège d’Hazebrouck ! ! Le professeur Lemire se présente aux législatives contre le député sortant, conservateur.»

Le rôle d’Eric, soutane populaire, commence à la campagne de l’Abbé pour la députation. La campagne se déroule dans les estaminets, sur les places des villages, sur des tonneaux, un tombereau. Pour simuler ceci, Eric, sur une caisse branlante, harangue les ouvriers assemblés autour de lui, articulant chaque mot avec conviction, bras ouverts, regard chaleureux.

«L’homme ne vit pas seulement de pain. Je voudrais que l’ouvrier vienne à moi, non pas comme s’il allait vers une religion de servilité, mais vers une religion dans laquelle il y ait de l’idéal, de la pensée, de la bienfaisance et de la vie. En un mot, qu’il soit citoyen libre dans un pays libre »

S’il avait fallu un député, à la fin de la scène, Eric l’emportait haut la main. Des applaudissements nourris achèvent ce tableau, tandis que des yeux s’embuent. Le suivant, personnifiant le retour de Paris et la victoire, alors que l’Abbé remercie ses chers ouvriers, fait monter la tension dans la salle. On sent qu’Eric est pour une heure, l’Abbé Lemire. Nous sommes, ma petite famille et moi-même, étreints d’une émotion que nous ne parvenons pas à cacher. Toutes les mères comprendront l’admiration que j’éprouvais.

L’Abbé déclarait volontiers dans ses discours :

«Tout pour le peuple et par le peuple. On ne sépare pas la paix sociale de la paix internationale. Nous devons lutter contre le pouvoir de l’argent. Nous devons faire en sorte que la France s’avance, radieuse, au milieu des autres nations, les entraînant à sa suite. Je suis républicain parce que je suis français. »

A peine entré dans la vie publique, la renommée de l’Abbé Lemire se répandit à travers la France, admise par les une, rejetée par les autres. Il faillit mourir par la bombe d’un anarchiste. Il demande que sa condamnation à mort soit commuée en perpétuité. Ses conférences, ses interventions sont faites avec délicatesse et tendresse. Il reçoit maints coups de semonce de l’Archevêché de Cambrai. Il avait créé son journal «le cri des Flandres »qui allait lui attirer bien des foudres. La Flandre restait fidèle et il fut réélu 8 fois de suite. 35 ans de présence a la Chambre dont il fut vice-président en 1914. Fait unique au Parlement : le fauteuil majoral occupé par un prêtre ! !

Son œuvre fut immense et son nom reste attaché à chacune des grandes pages du mouvement social et des grandes réalisations. Lorsqu’il fit voter la grande loi sur les retraites ouvrières et paysannes, il déclara à la tribune «En votant une telle loi, vous faîtes honneur au Parlement ». Ses amis l’ont surnommé «le député de la famille »

C’est en 1914 qu’il fut élu maire d’Hazebrouck. Rares sont les grands hommes qui réalisent le tour de force de ne faire qu’un avec leur ville. Sa maison était presque toujours pleine et sa bourse presque toujours vide. Ce fut, toute sa vie le défenseur ardent des petites gens. Il mourrait le 17 mars 1928. Il restera comme un des grands artisans de notre législation sociale et un incomparable exemple.

Nous pensons le spectacle terminé mais l’apothéose reste à venir. Debout, sur une grande stèle, imperturbable, blanc de la tête aux pieds, bras croisés, regard fixe, Eric est la copie conforme de la statue qui préside le jardin public de notre ville. Sa voix s’élève, basse, grave pour réciter les ultimes vers de «l’Angélus du soir ».

C’est l’Angélus du soir qui tombe sur la ville
Dans nos rues tout repose, l’air est doux et tranquille
Le garde passe …me salue…son coup d’œil discret
C’est son bonsoir à lui en un code secret
Je suis chez moi, ici ! Tout seul comme chaque nuit !
Les grands cygnes, jadis, me tenaient compagnie
Mais hélas leur esprit quelque peu vagabond

Devait fatalement les mener en prison
Un vent léger soudain anime le feuillage
Quand il en est ainsi c’est toujours le présage ?
D’une agréable nuit, troublée par le seul bruit
De l’eau de la cascade tombant en clapotis
C’est tout mon grand jardin qui doucement sommeille
Mais je reste debout, comme chaque soir, je veille !
Et le temps passe ainsi ! Je revoie mon passé
Je revois mes amis venant me saluer
Assez curieusement il arrive parfois
Qu’au hasard des années on reparle de moi
C’est souvent lorsqu’on fait appel à l’opinion
En ces moments curieux qu’on appelle <élections >
Certains soirs je m’évade et vais lire les écrits
Que l’on placarde même à quelques pas d’ici
Je figure parfois au rouge des affiches
Personne ne les lit car l’électeur s’en fiche
Comme je suis ce soir en veine de confidences
Souffrez que je vous dise au moins ce que je pense
Fermement, sans détours, sans aucun artifice
Comme jadis au balcon de la Fleur de Lys
Il faudra des géants pour les faire oublier
Et je m’adresse au Maire, à nos élus locaux
Je les connais fort bien, je les vois de là-haut
Aux anciens gouvernants je m’adresse d’abord
Certes je reconnais leurs louables efforts
Mais devant les erreurs sans cesse accumulées
Il faudra des géants pour les faire oublier
Et je m’adresse au Maire, à nos élus locaux
Je les connais fort bien, je les vois de là-haut
Je note leurs projets, leurs réalisations
Ils n’ont eu qu’à puiser dans mes anciens cartons
Allons, souvenez-vous, l’Hôpital, qui c’est ?
La Poste, le Boulevard, la Maternité, qui c’est ?
Et l’eau que vous buvez sortant des robinets
Il a fallu bien loin que j’aille la chercher
Mais tout ceci n’est rien et je suis satisfait
Je les voie travailler au bien de la cité
Ne vous dispersez point en vaines polémiques
Usez sans abuser de toute politique
Ne dites pas demain contraire d’aujourd’hui
Et faîtes que chez nous les gens soient bons amis
Ecoutez mon conseil pour votre plus grand bien
Recherchez donc l’estime de vos concitoyens
…Nature ! autour de moi doucement tu t’endors
La vie vient de cesser sous les étoiles d’or
O toi douceur … ma Ville à qui j’ai tant donné
Je te pardonne tout… Même de m’oublier
L’émotion du public est palpable.
Un silence quasi religieux suit les dernières strophes et c’est l’éclatement des applaudissements.
Comme j’aimerais que mon mari puisse voir son fils.
Bravo la troupe. Nous reviendrons ! !

- Edith Fosse Deboo, Hazebrouck, Nord

[Editor's Note: Readers of previous Issues will know we publish contributions in English, French and Dutch/Flemish. The policy is to ensure accuracy and to prevent errors in translation. Edith, one of our original contributors, always writes from the heart. We want to ensure this aspect of her story about the famous Abbe Lemire and her son Eric's stage role in depicting his life is also fully enjoyed by everyone. So, we encourage readers to dust off their French-English dictionaries to enjoy this good story in its original form. For readers without a dictionary, we suggest trying the translation service at www.systranlinks.com/systran/cgi. - RFD]


Vie Citron

La vie m'a bien pressée
Déjà de toutes parts
Tel un citron taché
Tout au fond d'un placard

Taches de soleil
Taches de moisissure
Ronds aux teintes vermeilles
Ronds aux teintes plus mûres

Mon citron est fané
Mais est encore bien sur
Et au long des années
Certains jours sont obscurs

Mais je presse la vie
Pour la boire goutte à goutte
Et ce sera ainsi
Tout au long de ma route

Gouttes à saveur de miel
Gouttes remplies d'amertume
Aere goût du fiel
Suave odeur d'agrume

Mais rayons de soleil
Ou longues veillées de brume
Je lève les yeux au ciel
En ralant le bitume

-Edith Fosse Deboo, Hazebrouck, Nord

 

Deboo/De Boo/Dubo in France

If you check for surname distribution in France, for example using www.whitepages.com, you will find a sparse distribution in the northwestern Departements - Nord and Pas-de-Calais. Spelling is variable, as everywhere else. There is another factor of confusion here - Debaux (as pronounced in Dutch). Could this be an original French variant of our name?

I suspect most of the telephone and other listings in France are for folks with ancestral roots across the border in Belgium. For example, Edith, our French poet, has ties to the Flemish village of Moere, not that far from her home at Hazebrouck. As a matter of fact, this corner of northwestern France is still known as "French Flanders" - Flandre français.

All evidence gathered to date supports the conclusion that Deboo, and its variants, is a Flemish name stemming from the Dutch words for "the messenger" - de bode (see De Brabandere in the DEBOO References Section). It sounds French, but it isn't.

- RFD

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